Ramener le déficit public de la France à 3% du produit intérieur brut (PIB) en trois ans, d'ici à 2027, n'est pas réaliste aux yeux du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui préconise plutôt d'étaler cet effort sur cinq ans, dans une interview au Parisien publiée mardi.
Cet objectif des 3% d'ici 2027 a été réitéré à maintes reprises par l'exécutif sortant avant la nomination du nouveau Premier ministre Michel Barnier, qui n'a encore rien dit à ce sujet.
Selon une note du Trésor public, si rien n'est fait d'ici là, le prochain gouvernement devra économiser 30 milliards d'euros cette année et autant en 2025 pour tenir ses objectifs de réduction du déficit public.
"Les déficits et la dette nous coûtent de plus en plus cher. Sur les seuls intérêts de la dette - je ne parle même pas de son remboursement- nous allons dépenser plus que pour l’école ! Si on continue ainsi, on condamne le futur de la France et la liberté des Français. Le déficit doit donc revenir sous les 3%. Mais en trois ans, d’ici 2027, ce ne serait pas réaliste et cela mettrait un coup d’arrêt à la croissance", déclare François Villeroy de Galhau au Parisien.
"Mieux vaut se fixer un cap de cinq ans, qui reste compatible avec les règles européennes", ajoute-t-il, ce qui requerrait selon lui de trouver 100 milliards d’euros sur cinq ans, soit 20 milliards d’euros par an.
Le gouverneur de la Banque de France juge que l'essentiel de cet effort devrait être fait sur les dépenses mais qu'il faudrait "aussi à titre complémentaire lever le tabou sur les hausses d’impôts, sans toucher si possible les classes moyennes ni les PME".
Ainsi, poursuit-il, "un effort exceptionnel et raisonnable sur certaines grandes entreprises et certains gros contribuables ne doit pas être exclu, tant qu’on n’est pas revenu sous 3 % de déficit".
A la question de savoir s'il a été approché pour entrer au gouvernement de Michel Barnier, qui continue de constituer son équipe, François Villeroy de Galhau se dit "très heureux à la Banque de France" où il s'estime "utile pour servir l’intérêt général".
(Reportage Leigh Thomas, Jean-Stéphane Brosse pour la version française)

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